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Jeunesse et éducation, famille et liens intergénérationnels

La question des liens intergénérationnels au sein de la famille et celle de la transmission sont parfois complexes, qu’en est-il quand enfants et parents n’ont pas grandi dans le même pays ?

Les jeunes nés ici et dont les parents sont arrivés du Mali il y a plusieurs dizaines d’années n’acceptent pas forcément de suivre le mode de vie de leurs parents et revendiquent maintenant leur existence et visibilité dans l’espace public. Cette tendance peut se constater par exemple au sein des associations de jeunes qui cherchent à se différencier et à autonomiser leurs actions vis-à-vis de celles de leurs parents. Les jeunes ont également des compétences nouvelles, acquises ici et en Europe à travers leurs expériences professionnelles ou leur parcours d’étude, qui font d’eux des citoyens-acteurs de la société différents de leurs aînés. Ainsi, et aussi riche que puisse être la relation intergénérationnelle, elle n’en comporte pas moins des difficultés et des incompréhensions, à fortiori dans ce contexte de double culture. Se pose ici aussi la question de la relève des projets entrepris par les aînés ici pour le développement des villages là bas ; comment les jeunes abordent-ils le passage de relais ? comment les aînés le facilitent-ils ? et surtout comment entendre le renouveau que les jeunes peuvent apporter aux pratiques des anciens en valorisant leurs propres compétences ? La richesse du lien intergénérationnel s’exprime aussi à travers la communication entre jeunes et parents autour de la transmission de la mémoire migratoire. Parcours migratoires, expériences de citoyenneté différentes, comment la transmission se fait-elle, qu’est-on prêt à dire, et à entendre ? Comme le faisait remarqué l’un des jeunes intervenants de l’atelier préparatoire de Lille et à son tour devenu père : « En tant que parent, c’est difficile ici puisque dans nos sociétés en Afrique, tout le monde participe à l’éducation des enfants, mon frère ou les voisins. Du coup quand vous arrivez ici, vous vous demandez comment faire. J’ai envie de laisser mes enfants vivre la culture française mais j’ai aussi envie de leur dire d’où on vient, on n’a pas forcément toujours le temps, mais si on le fait pas personne le fera ».

Pour permettre aux jeunes de faire de leur double culture une véritable force et les aider à déterminer leur personnalité, et pour contribuer à ce que les aînés s’adaptent mieux à leur nouveau territoire de vie, il faut aller au-delà des difficultés et favoriser cette relation.

Quel rôle l’Etat Malien peut il jouer pour accompagner cette transmission et valoriser les mémoires migratoires des anciens ?

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